Tonnerre de l’ouest
La tempête de février dernier a opéré une sorte de nettoyage drastique de certaines plages bretonnes.
Lavage, rinçage, exfoliation, épilation : tout y est passé et les rochers sont à présent d’une propreté immaculée. Ils sont tout nus sous le soleil frais du mois d’avril, ayant perdu l’habillage de goëmon qui était le leur.
Le granit exhibe ainsi fièrement ses grains de mica et ses rayures de quartz, ses galets étincelant dans des teintes de rose pâle ou de gris clair. La couleur orangée par endroit de certaines roches, au lieu de l’érosion noircie habituellement visible, prouve que des blocs entiers ont été carrément cassés par la violence des vagues. Des morceaux de la dune ont aussi, inévitablement, été emportés par la mer, qui année après année grignote la côte et l’annexe à son domaine.
Mon neveu (5 ans, Cyclone de son état) aime bien que je lui raconte la façon dont les rochers deviennent du sable. Pour le coup, là, on pouvait presque “voir” l’érosion. Et imaginer le sifflement du vent, le hurlement des vagues, les murs des garages à bateaux qui s’écroulent, les affaires qui y étaient - bouts et amarrages divers, jouets de plage - flottant ensuite à marée haute sur le plan d’eau.
En reprenant le métro à Lyon, dans ce matin chagrin du mois d’avril, je me disais : “tu es à l’ouest, ma pauvre fille”.
En tout cas, pas ici.

22 avril 2008 à 9:48
Comme quoi, un bon coup de vent dans les branches et les bronches, ça peut faire du bien.
Ceci étant, le rocher ne devient pas sable : Il le redevient ! Bises
22 avril 2008 à 11:33
Ah non ! Tu vas partir bien assez tôt !
Pas la peine de l’être déjà en pensée. Tu as le juste le droit éventuellement au voyage pour Alep en ma compagnie vendredi soir, mais pas ailleurs.
(et oui, je suis tyrannique :))
23 avril 2008 à 3:15
Oui. Les tempêtes font du ménage, et pas que sur les plages. Ca fait du bien, non, un peu d’ouest sous son crâne ?
24 avril 2008 à 1:21
@Martin Lothar : mais alors, qui a commencé : l’oeuf ou la poule? le rocher ou le sable?…
@Amarante : tu as bien raison d’être tyrannique. Les voyages culinaires pour Alep en ta compagnie risquent de me manquer, en attendant, je tiens à en profiter!
@Leila Zhour : ça fait du bien… et ça n’en fait pas. Tout dépend si l’ouest sous mon crâne se concrétisera dans la vraie vie en juillet prochain… Plus que quelques semaines avant de savoir… Wait and See!