Tonnerre de l’ouest

22 avril 2008

La tempête de février dernier a opéré une sorte de nettoyage drastique de certaines plages bretonnes.

Lavage, rinçage, exfoliation, épilation : tout y est passé et les rochers sont à présent d’une propreté immaculée. Ils sont tout nus sous le soleil frais du mois d’avril, ayant perdu l’habillage de goëmon qui était le leur.

Le granit exhibe ainsi fièrement ses grains de mica et ses rayures de quartz, ses galets étincelant dans des teintes de rose pâle ou de gris clair. La couleur orangée par endroit de certaines roches, au lieu de l’érosion noircie habituellement visible, prouve que des blocs entiers ont été carrément cassés par la violence des vagues. Des morceaux de la dune ont aussi, inévitablement, été emportés par la mer, qui année après année grignote la côte et l’annexe à son domaine.

Mon neveu (5 ans, Cyclone de son état) aime bien que je lui raconte la façon dont les rochers deviennent du sable. Pour le coup, là, on pouvait presque “voir” l’érosion. Et imaginer le sifflement du vent, le hurlement des vagues, les murs des garages à bateaux qui s’écroulent, les affaires qui y étaient - bouts et amarrages divers, jouets de plage - flottant ensuite à marée haute sur le plan d’eau.

En reprenant le métro à Lyon, dans ce matin chagrin du mois d’avril, je me disais : “tu es à l’ouest, ma pauvre fille”.

En tout cas, pas ici.