De l’attention aux autres

10 mars 2008

Les autres, il y en a beaucoup. Trop. Il y a déjà les autres sur le web. Ceux que l’on connaît déjà, ceux que l’on apprend à connaître et ceux que l’on va rencontrer. Il y a ceux que l’on croise aussi en vrai, tous les jours, et auxquels on se frotte par nécessité et intérêt. Il y a ceux que l’on découvre, que l’on invente, tel un archéologue, au fur et à mesure des conversations, dans la joie de toucher une pensée inédite et proche à la fois. Ceux qui sont totalement imaginaires, que l’on trouve au creux des pages et que l’on construit en rêve. Ceux que l’on invoque, que l’on saoule avec nos problèmes. Et puis ceux qui sont pas loin, à portée de téléphone où même dans un rayon de trois mètres cinquante, que l’on peut déranger, aimer, harceler, soigner, irriter.

J’avoue, les autres, ce n’est pas mon fort. En bonne adepte de l’égocentrisme zappeur, j’octroie et retire mon attention aux autres selon les vagues de mon bon gré. La plupart s’en fichent, car ils ont peu conscience de mes périodes de retrait, de mes crises de flemme aïgue, de mes accès d’indifférence au monde. Et ils ont leurs propres alter-chats à fouetter.

Mais il reste la dernière catégorie, celle qui est à trois mètres cinquante et qui me voit non sans douleur partir loin, oublieuse de son existence.